
Coupure de courant. Obscurité totale. Fumée qui envahit le couloir. Vos occupants trouvent-ils la sortie ?
C’est exactement la situation pour laquelle les BAES — Blocs Autonomes d’Éclairage de Sécurité — existent. Ces petits boîtiers lumineux au-dessus des portes et dans les couloirs sont votre dernière ligne de défense quand tout le reste s’éteint. Et pourtant, c’est l’un des équipements de sécurité les plus négligés.
1. Qu’est-ce qu’un BAES ?
Un BAES est un luminaire autonome qui s’allume automatiquement en cas de coupure du courant normal. Son rôle : baliser les chemins d’évacuation et signaler les sorties de secours pour permettre aux occupants de quitter le bâtiment en toute sécurité, même dans l’obscurité totale.
Il existe deux types de BAES, chacun avec une fonction distincte :
| Type | Fonction | Autonomie minimale | Où ? |
|---|---|---|---|
| BAES d’évacuation | Signaler les sorties et baliser les chemins | 1 heure | Au-dessus de chaque issue, à chaque changement de direction, à chaque étage |
| BAES d’ambiance | Éclairer les grandes surfaces pour éviter la panique | 1 heure | Locaux > 100 m² en sous-sol, > 300 m² en étage |
Les BAES sont régis par la norme NF C 71-800 (anciennement NF C 71-800/801). Chaque bloc doit afficher le pictogramme normalisé “bonhomme qui court vers la sortie” (ISO 7010 E001/E002) — visible à distance, même dans la fumée.
2. Qui est concerné ?
La réponse courte : pratiquement tout le monde.
- ERP (Établissements Recevant du Public) : tous les types et toutes les catégories. Du petit commerce de Plaisir au centre commercial de Saint-Quentin-en-Yvelines.
- ERT (Établissements Recevant des Travailleurs) : tous les locaux de travail (Code du Travail, articles R4227-14 et suivants).
- IGH (Immeubles de Grande Hauteur) : obligations renforcées avec des BAES à haute luminosité.
- Copropriétés : les parties communes (halls, escaliers, parkings souterrains) doivent être équipées. C’est la responsabilité du syndic de copropriété.
[!WARNING] Attention copropriétés : l’absence de BAES fonctionnels dans les parties communes est un motif de mise en demeure par la commission de sécurité. Le syndic engage sa responsabilité civile et pénale.
3. La maintenance obligatoire : ce que vous devez faire
Installer des BAES ne suffit pas. La réglementation impose un programme de maintenance précis :
Tous les mois
- Vérifier que tous les BAES sont allumés (voyant de charge vert)
- Actionner le bouton-test ou la télécommande de mise au repos pour simuler une coupure et vérifier que chaque bloc s’allume correctement
Tous les 6 mois
- Test d’autonomie : simuler une coupure prolongée et vérifier que les BAES restent allumés pendant au moins 1 heure
- Vérifier l’état des pictogrammes (lisibles, non jaunis, non masqués)
Tous les ans
- Vérification complète par un technicien qualifié : état des batteries, intensité lumineuse, fixation, câblage
- Consigner les résultats dans le registre de sécurité
Sanctions
Le non-respect de ces obligations peut entraîner :
- Mise en demeure de la commission de sécurité (avec délai de mise en conformité)
- Fermeture administrative pour les ERP (arrêté du maire ou du préfet)
- Responsabilité pénale du chef d’établissement ou du syndic en cas d’accident
L’Expert vous éclaire : le piège des batteries
C’est la cause n°1 de défaillance des BAES : les batteries usées.
Un BAES contient une batterie rechargeable qui se maintient en charge en permanence via le réseau électrique. Quand le courant est coupé, c’est cette batterie qui prend le relais. Problème : après 4 à 5 ans, les batteries NiCd (Nickel-Cadmium) perdent leur capacité. Le BAES affiche un voyant vert rassurant, mais en cas de coupure réelle, il s’éteint au bout de quelques minutes au lieu de tenir 1 heure.
Les signes qui ne trompent pas :
- Le voyant vert clignote au lieu d’être fixe → la batterie est en fin de vie
- Le BAES ne s’allume plus lors du test mensuel → remplacement immédiat
- Le bloc a plus de 6 ans et n’a jamais été contrôlé → forte probabilité de batterie défaillante
Les batteries Li-Ion (Lithium-Ion) des modèles récents durent plus longtemps (6-8 ans), mais ne sont pas éternelles. Seul un test d’autonomie réel permet de vérifier leur état — c’est exactement ce que font nos techniciens lors de la visite annuelle.
4. Verifincendie : vos BAES intégrés à la visite annuelle
C’est le problème que nous résolvons pour nos clients : la multiplication des prestataires. Une entreprise pour les extincteurs, une autre pour les BAES, une troisième pour l’alarme Type 4…
Chez Verifincendie, nos techniciens qualifiés AVAE vérifient l’ensemble de votre chaîne de sécurité en un seul passage :
- Extincteurs : pression, charge, péremption (règle APSAD R4)
- BAES : test d’autonomie, état des batteries, luminosité, pictogrammes
- Alarme Type 4 : test sonore, batteries, déclencheurs manuels
- Plans d’évacuation : présence, conformité NF X 08-070
Un seul passage. Un seul rapport. Une seule facture. C’est particulièrement apprécié par les gestionnaires de copropriétés qui gèrent des dizaines d’immeubles et ne veulent pas multiplier les interlocuteurs.
Conclusion
Les BAES sont des équipements discrets — on les oublie facilement quand tout va bien. Mais le jour où le courant est coupé et la fumée envahit les couloirs, ils deviennent le seul repère visuel de vos occupants pour trouver la sortie.
Ne laissez pas des batteries usées transformer vos blocs de secours en décoration murale. Intégrez leur maintenance à votre vérification annuelle obligatoire — c’est ce que votre assureur attend, et ce que la loi impose.
Demander un diagnostic BAES lors de ma prochaine visite → — nous intervenons dans tout le 78 et le 91.
Références réglementaires : Code du Travail articles R4227-14 et suivants. Arrêté du 25 juin 1980 (ERP). Norme NF C 71-800 (BAES). Norme NF C 71-820 (maintenance).